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La peur de l’inconnu

L’image de l’hôpital véhiculée par les médias (informations télévisées, séries…) et les adultes peut donner aux enfants l’impression d’un lieu hostile où ce qu’on y vit est forcément dramatique, effrayant et empreint de souffrance. Par ailleurs, l’hôpital est souvent associé au lieu dans lequel un de leur grand-parent est décédé. A cela, ajoutons tout ce qui pour l’enfant est inconnu dans le monde hospitalier : il connaît peu et mal l’environnement de l’hôpital (l’architecture, les «machines», les différents professionnels et leurs rôles), on y parle un langage qu’il n’a pas appris, il y découvre des gestes qui peuvent le surprendre (comment comprendre que l’on peut lui faire mal ou le contraindre pour son bien ?), il rencontre des visages inconnus et se perd dans une organisation des soins dont, évidemment il ne peut saisir clairement le fil rouge.

C’est la raison pour laquelle les enfants ont besoin d’informations, de points de repères, adaptés à leur niveau de compréhension.

Comment faire ?

Pour nouer le contact

Commencer par se présenter, donner son nom et sa fonction, éventuellement en essayant de se mettre, physiquement, à sa hauteur. Une fois le contact établi, il s’agit de permettre à l’enfant d’être actif, (par exemple lui permettre de faire des choix pour limiter son sentiment d’impuissance, rester couché ou assis, choisir un parfum pour le masque, la couleur d’un pansement…) ce qui l’aide à apprivoiser la situation qu’il découvre. S’informer auprès de l’enfant ou de ses parents sur ce que l’enfant connaît déjà de la situation de soin, d’éventuelles expériences antérieures, de sa représentation de la maladie, de l’hôpital. Questionner l’enfant sur des points précis avec des propositions qui ne sont pas trop « ouvertes ». Si l’enfant n’est pas à l’aise pour répondre : reformuler la question, lui proposer des pistes de réponses…

Pour l’informer

Avant le soin

  • Informer oralement l’enfant sur ce que vous allez faire en lui expliquant précisément les gestes du moment et le parcours qu’il va suivre. Mais les mots ne suffisent pas, s’aider de supports illustrés, de poupées, marionnettes, vidéos, diaporamas, posters…
  • Informer par le jeu : le jeu est une plateforme qui aide l’enfant à intégrer une nouvelle situation, en l’occurrence le soin. De plus, en jouant, l’enfant voit le matériel, le touche et le manipule. De la sorte, l’information entre par des canaux de communication différents et complémentaires. Il intègre donc une quantité d’information plus conséquente que si on la lui présentait uniquement oralement. C’est la raison pour laquelle, il ne faut pas hésiter à présenter à l’enfant le matériel, à lui permettre de toucher.
  • Le prévenir si un soin s’annonce difficile ou douloureux et l’informer simultanément des solutions qui existent pour remédier à la situation : que ce soit contre la peur ou contre la douleur (produits pharmacologiques, crème anesthésiante, inhalation du MEOPA, rassurance ou distraction par le parent…).

Enfin, vérifier que l’enfant a compris le message en le questionnant à nouveau sur l’information que vous lui avez donnée ou en lui proposant de refaire le geste que vous aurez déjà réalisé sur la peluche

Pendant le soin

  • Avant de commencer, demander à l’enfant s’il souhaite que vous le préveniez, que vous commentiez ce que vous allez faire, le matériel que vous allez utiliser ou s’il préfère êtres distrait. Les souhaits des enfants sont très variables à ce sujet.

Pour le rassurer

Préciser à l’enfant que l’hôpital n’est pas une punition, qu’il n’est pas responsable de sa maladie, que le soin, l’hospitalisation ou l’intervention est nécessaire.

Lui permettre de garder son doudou avec lui. Cet « objet transitionnel », qui fait partie de son monde, le rassure et l’aide à faire la transition entre un espace connu et un autre inconnu qui génère une certaine crainte. Dans les hôpitaux, les « doudous », sont acceptés dans les chambres et souvent même au bloc opératoire, considérant qu’il est plus important de donner l’occasion à l’enfant de se rassurer que de respecter les règles d’hygiène.

Pour approfondir la question