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Les appareils, les soins, les examens

Les appareils

Pour aider votre bébé à maintenir sa température

Au début, votre bébé sera installé dans une couveuse, appelé incubateur, ou sur une table chauffante appelée aussi incubateur ouvert.

Cette grosse boîte en plexiglas transparente a plusieurs rôles : elle aide votre bébé à maintenir sa température autour de 37 °C. Elle permet aussi de bien le surveiller et le protège de certaines infections. Une sonde thermique (un petit fil que l’on colle sur la peau grâce à une pastille) est reliée à l’incubateur pour lui permettre de régler sa température en fonction de celle de votre bébé. La pastille est souvent changée de place pour ne pas abîmer la peau. Si la température de votre bébé baisse un peu trop, une sonnerie prévient le soignant. La température est également vérifiée régulièrement en plaçant sous le bras un thermomètre traditionnel. Si votre bébé est d’un petit poids et que, malgré l’incubateur, il a du mal à maintenir sa température, on peut lui mettre des chaussons, des moufles et un bonnet. Quelquefois on rajoute aussi un tunnel transparent en plexiglas autour du bébé dans l’incubateur, pour qu’il puisse avoir encore plus chaud.

Pour contrôler son rythme cardiaque

Pendant un certain temps, dépendant de son évolution, on colle des pastilles blanches ou électrodes, trois en général, sur sa poitrine. Elles sont reliées à un appareil, le cardioscope ou “scope”, qui indique le rythme de son cœur, parfois aussi celui de sa respiration. Il y a une alarme qui sonne à la moindre anomalie pour prévenir les soignants. Il arrive aussi qu’elle sonne parce que votre bébé gigote beaucoup.

Pour aider votre bébé à mieux respirer

Si votre bébé a besoin d’un supplément en oxygène, on met sa tête sous une cloche en plastique transparente dans laquelle arrive en permanence un mélange d’air et d’oxygène : cela s’appelle le "hood". On peut également lui faire respirer de l’oxygène par deux très petits tuyaux appelés lunettes à oxygène placés devant ses narines. Si votre bébé fait des apnées, on utilise un appareil qui insuffle dans son nez de l’air ou un mélange d’air et d’oxygène, par l’intermédiaire d’un petit masque ou de deux petites canules qui se glissent dans ses narines : c’est l’Infant-Flow®, appelé aussi CPAP.
Si, pendant un temps, votre bébé a vraiment trop de difficultés à respirer, un appareil appelé respirateur l’aidera le temps qu’il faudra. Il envoie un mélange d’air et d’oxygène directement dans ses poumons par l’intermédiaire d’une sonde d’intubation : c’est un tuyau fin et souple qui entre par son nez pour aller jusque dans ses poumons. Cette sonde permettra aussi d’injecter si besoin directement dans ses poumons du surfactant, un liquide qui tapisse normalement les poumons mais qui manque souvent en cas de naissance prématurée. Le respirateur, comme le “scope”, sonne à la moindre anomalie. Pour surveiller l’oxygénation de son sang (la saturation en oxygène), votre bébé peut avoir sur la main ou sur le pied un petit capteur, avec une lumière rouge, qui peut être complété par une électrode noire collée sur sa poitrine.

Pour le nourrir

Lorsque votre bébé ne peut pas téter ou boire un biberon, on installe une sonde gastrique : c’est un autre tuyau, plus fin, qui passe par la bouche ou le nez et qui va dans l’estomac. Elle permet de recevoir le lait maternel ou un lait adapté à sa situation. Comme la sonde nasale ou la sonde d’intubation, elle est fixée par un sparadrap au-dessus ou au-dessous de la bouche : on appelle ça des “moustaches”.
Lorsque le tube digestif de votre bébé n’est pas encore prêt à digérer le lait, il peut être nourri par des perfusions. On fait passer un liquide nutritif par une aiguille appelée microperfuseur, placée dans une de ses veines. Elle peut être posée sur le bras, la main, le pied, ou au niveau de la tête car les veines sont bien visibles à cet endroit : on l’appelle alors perfusion épicrânienne. Vous pourrez aussi entendre parler de cathlon® : le système est un peu différent mais le principe reste le même.
Si votre bébé doit être perfusé pour une durée assez longue, les perfusions passent par l’intermédiaire d’un cathéter adapté à sa taille qui va jusque dans les grosses veines que l’on ne voit pas. Juste après sa naissance, et pendant quelques jours, le cathéter peut être installé dans une veine du cordon ombilical.

Pour soigner la jaunisse

Comme tous les nouveau-nés, et particulièrement parce qu’il est né prématuré, le foie de votre bébé a du mal à se mettre en route, et il peut faire un ictère ou jaunisse. Dans ce cas, on place une lampe à lumière bleue très vive au-dessus de son incubateur, qui aide son corps à détruire l’excès de bilirubine, ce pigment jaune qui colore sa peau : c’est la photothérapie. Pour protéger ses yeux de cette lumière forte, il porte toujours des lunettes (appelées aussi masque). Pendant la photothérapie, ses urines peuvent être très colorées, voir oranges.

Les soins

La toilette

Au début, lorsque votre bébé est en incubateur, on fait sa toilette tous les matins, ou moins souvent, en fonction de sa faculté à maintenir sa température à ce moment-là. Votre bébé est pesé et mesuré régulièrement, si possible pendant sa toilette (quotidiennement ou tous les deux ou trois jours). Ses soins de cordon ombilical puis d’ombilic se font aussi à ce moment-là et lors des changes. Quand vous vous sentirez prêt, les soignants vous proposeront avec leur aide de vous charger progressivement des soins de votre bébé.

Les soins spécifiques

Si votre bébé a une sonde gastrique, les soignants vont régulièrement aspirer un peu avec une seringue au bout de la sonde pour voir s’il reste du liquide et de l’air dans son estomac, et s’il est abondant ou non. Cela permet de savoir comment votre bébé digère et d’adapter si nécessaire son alimentation.
Si votre bébé est intubé, pour l’aider à évacuer sa salive et ses sécrétions, on lui fait régulièrement des aspirations nasales et buccales par une petite sonde. Mais le plus important, ce sont les aspirations trachéales : tout le monde a des sécrétions dans sa trachée, mais à cause de la sonde, votre bébé en a encore plus mais ne peut pas s’en débarrasser comme vous, en toussant et en avalant. La fréquence de ces aspirations dépend de la quantité de sécrétions dans la trachée et de l’état respiratoire. Ces aspirations peuvent vous paraître impressionnantes mais elles sont essentielles.
Si votre bébé a des pansements, ils sont surveillés de près et refaits régulièrement.

Les principaux examens

Les prélèvements

Pour connaître la composition du sang de votre bébé, savoir s’il présente une infection, détecter une anémie (fréquente chez les bébés prématurés), des prises de sang seront nécessaires. Les prélèvements s’effectuent soit au niveau d’une veine ou d’une artère, soit au niveau du talon.
Dès le troisième jour de vie, comme pour tous les bébés, on effectue le TSH-Guthrie. Il sert à dépister certaines maladies qui exigent une prise en charge particulière, comme un régime spécial par exemple, dès la naissance. Il sert aussi à détecter la mucoviscidose.
Si les médecins ont besoin de recueillir les urines pour les analyser, on utilise une poche à urine en plastique qui adhère à la peau ou parfois aussi une simple compresse. Si c’est une poche à urine, elle reste en place juste le temps d’en recueillir assez pour l’analyse.

Les radiographies, les échographies, l’électro encéphalogramme

Les médecins ont parfois besoin de faire des radiographies pour voir l’évolution des poumons et du tube digestif.
Il y a aussi l’échographie transfontanellaire ou ETF. On fait l’échographie à cet endroit du crâne où les os ne sont pas encore soudés. Cet examen important peut être répété tout au long de l’hospitalisation car, comme les autres organes, le cerveau est encore fragile et il faut s’assurer que tout va bien.
Enfin, les médecins surveillent le développement du système nerveux avec l’électro encéphalogramme ou EEG. Pour cela, ils placent huit électrodes sur le cuir chevelu. Ils choisissent un moment où votre bébé dort pour que le tracé soit bien interprétable.

Limiter la douleur et l’inconfort

Lors des différents soins et examens, l’équipe médicale veillera à limiter la douleur et l’inconfort de votre bébé. Pour cela, différents moyens, médicamenteux ou non, sont à leur disposition. En voici quelques-uns :
- lors des prélèvements, on pose environ 1h avant, une crème anesthésiante qui endort la peau à l’endroit où votre bébé doit être piqué.
- lors de certains soins, on peut aussi faire téter une solution sucrée ou mettre le bébé au sein, ce qui permet d’atténuer la sensation douloureuse.
- le matériel médical utilisé est adapté aux bébés : les aiguilles sont plus fines, le sparadrap se décolle facilement.
- dans la mesure du possible, les soins sont regroupés pour éviter de faire plusieurs prises de sang par exemple.
- le bruit et la lumière sont atténués au maximum car le bébé né prématuré est extrêmement sensible à ces stimuli qui le fatiguent beaucoup.

SPARADRAP a édité :
- un livret, très complet illustré avec de nombreuses photos qui permet de découvrir l’accueil et l’évolution d’un enfant prématuré dans un service de néonatologie :
Je suis né trop tôt

- un guide qui présente précisément les moyens à la disposition des parents et des équipes soignantes pour soulager le bébé de la naissance à deux ans :
Soins et examens douloureux : comment aider votre bébé ?